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JEHAN JONAS
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Chansons françaises
Chansons Ă  texte

A PROPOS DE SCRUTIN

On vous colle dans un isoloir… Un beau dimanche… Tiens… Vote ! Le choix en portemanteau… Une voix… Une voix pas toujours très claire… Une voix qui chante pas « La Tosca ». Pas « Carmen ». Pas « Rigoletto ». Une voix qui s’égosille dans une Marseillaise à la tête du client. Une Marseillaise revue et révisée par Enrico Macias.*  Façon populiste.

Une voix qui en vaut une autre… C’est à dire pas grand’ chose finalement… Une qui a pensé la question, une autre qui n’a rien pensé du tout, et le même poids dans la bascule électorale… Le cheval à bascule plutôt… Comme le cheval de Troie du candidat aux « Présidentielles ». Qui pourra dire ce qu’il a dans le ventre ? Oui… Bien sûr… Mais alors il sera trop tard… Il sera dans la place. Avec armes et bagages. Quel qu’il soit, de droite ou de gauche… Et encore en limitant les dégâts…

Et puis ce centre et ses centristes (cent tristes) nombril de la politique. La selle du cheval à bascule. Qu’on change de cheval, il faudra bien toujours une selle, pas vrai ? Moi je m’en fiche, j’ai mon bilan pour moi… J’ai mon bilan tranquille… Merde… J’ai encore marché dans un Pompidou… Et du pied droit bien sûr… Noblesse oblige… Voyez mes chiffres : Il y a eu plus de ménages qui ont acheté une automobile

Et tous ces vieillards qui ont faim… Comment ? Je n’ai pas songé à eux plus tôt ? Mais et les petits chinois alors ? Hein ? Qu’est-ce que vous en faites des petits chinois ? Allons, allons… Soyez sérieux… Parlons chiffre plutôt… Je n’ai jamais autant songé à mes petits Français qu’aujourd’hui… La preuve j’en parle.

Ca c’est un homme ! Avec une paire de Poher grosse comme ça ! Une paire de Poher Ă  faire pâlir d’envie la plus experte Defferre ! N’importe quel trottoir vous le dira. Suffit de monter… T’écoutes parler, t’écoutes encore… Dira ? Dira pas ? Tu l’entendras peut-ĂŞtre si tu dors pas avant… Moi, j’écoute… Tous les soirs… Une cafetière pleine Ă  cĂ´tĂ© de moi… Je ne comprends pas grand – chose mais ça amuse le petit… RevoilĂ  l’autre avec son bilan. Personne n’a un fusil ? C’est plus de la soupe, c’est du consommé… Du consommĂ© de poulet… Et mon programme au bout de la langue…  Entracte d’un quart d’heure. Repos, pouvez voter. Et l’autre qui a un entracte… Sans programme. Il l’a dit. Je n’invente rien… Il a un objectif. Un objectif enculaire. Mai soixante-huit ça n’évoque rien pour vous ? Saint Damoclès, priez pour nous… Mai soixante-huit… La peur au ventre… Si on dĂ©plaçait la date du quatorze juillet ? Ils rigolent aujourd’hui.

Ils ricanent… Ils disent : « Ces jeunes… » « Ils pensent… » « Ils SAVENT ». Bien sûr, à cette époque là ils riaient moins haut… Ou alors de loin… Souvenez-vous… Qui les entendaient au mois de mai soixante-huit ?

Le rire était coincé dans un pan de chemise et la fesse prenait l’air… L’Elysée était vide et les rues étaient pleines… On commençait à croire… A rêver… Et puis Mitterand vint… Et avec lui la bande des maos de la gauche… La parlotte devant le five’ O Séguy-la-Générosité… à 1,7%… A peu près… Mais tout ça c’est du passé… C’est déjà un morceau d’hier, une peau d’ours qu’on nous refourgue au rabais… Les vaches ! Ils nous l’ont mités rien qu’avec leurs discours à la mors-moi-le-Duclos. On n’en sortira pas.

Et puis aujourd’hui les promesses… Le match… Une prime de cinq cents francs offerte par la maison Touche, au vainqueur de ce combat… Comme à l’Elysée-Montmartre. Là où qu’on joue Rabelais par des gens courageux… Il est peut-être tout simplement là le vrai courage… Faire monter les snobs jusqu’à l’Elysée-Montmartre et de les appeler « peuple »… Mais je sors du sujet… Holà, cittoyen… Explique-moi un peu ce que c’est que l’assemblée législative ? Le Sénat ? Le rôle du parlement ? Du député ? Du maire dans la commune ?… Ben… Heu… voté !… Ben voyons ! T’as voté quoi ? Rocard… Quoi ? Parce que le mot d’ordre était de voter Rocard.

Ah ? Bon…

Et vous ? Vous votez pour qui ?… Pour Ducatel… Quoi ? Ben voyez – vous, je ne suis qu’un pauvre petit commerçant… Et alors ? Et alors il a promis de faire sauter la T.V.A.

Ah ? Bon…

Et vous mademoiselle ?

Moi, je vote Krivine ! Tiens ? Et pourquoi ? Parce qu’il a dit de ne pas voter et que je suis d’accord avec lui.

Ah ? Bon…

Oh France… Ton avenir est dans les étoiles…

Et puis, peut-être, un jour, dans nos radios, nous entendrons… « Ici Dublin… Les Français parlent aux Français… » Une voix qui nous rappellera quelqu’un… Pom Pom Pom Pom ! (air connu) Et on remettra ça… Vingt ans de plus dans les ergots. Une sorte de dix-huit brumaire à rallonge…

De toutes façons quand on reçoit des coups de savates dans le Ducatel, qu’importe qui les donne… ? Moi je ne suis pas d’accord… Ta gueule ! Mais… Ta gueule ! Tout le monde est d’accord, alors tais-toi ! Vote…

Pour qui ? Pour Duclos, par exemple… Bon… toute la jeunesse avec Duclos… Bon… Depuis le temps qu’il les a derrière lui, il cumule… Une jeunesse ça va, mais quand on en a plusieurs dans le casier à souvenirs, évidemment, ça marque. Et puis plus tard, on pourra toujours le nationaliser…

Demandez à l’intérieur ce que vous ne voyez pas à l’étalage… On ne peut tout de même pas leur ouvrir le ventre… D’ailleurs la république craint les courants d’air. Ca l’enrhume. Et quand elle est enrhumée, elle éternue… Elle éternue des lois… Pleines de flics.

Elle postillonne des restrictions et des forces répressives. « Faites donner la garde » et tutti quanti. Je me demande aussi pour qui vont voter les bonnes sœurs… Sûrement pas pour Krivine… Ou alors on nous les aurait changées… On ne sait plus sur qui compter. Disons qu’elles voteront pour Defferre et n’en parlons plus. Mais tout ça ne sont que réflexions d’avant scrutin qui ne seront lues qu’après. Ca fera un souvenir…

C’était le bon temps ! Et puis on se rappellera les promesses non tenues… Les conneries non retenues… Visages engloutis… Les rêves écharpés… On a changé de marteau mais c’est toujours sur nos doigts qu’on tape.

Profitez-en… Ca ne durera peut-être pas !

* Tous les noms cités figurent dans le texte d’origine

Texte écrit en 1980


transparent Dernier CD d’inĂ©dits :  » BAVURE » de et parJEHAN JONAS

(21 titres et livret 24 pages couleur)

Dans le foisonnement de son oeuvre en jachère nous vous proposons un nouveau choix, une nouvelle gerbe de couleurs sur fond d’herbes pas si folles que ça dans les temps dĂ©jĂ  annoncĂ©s, dĂ©noncĂ©s, dĂ©plorĂ©s par Jehan Jonas.Plus que jamais ces herbes folles sont vivaces et pour certaines, malheureusement, d’une actualitĂ© qui calcine.

21 textes, Ă©crits dans les annĂ©es 1960-1980, glissĂ©s comme un trait d’union sous la porte du temps. Deux Ă©poques confondues dans la dĂ©rision et la transposition Ă©vidente auxquelles les textes de l’auteur invitent et forcent. La forme change, le fond perdure. Peut-ĂŞtre est-ce lĂ  le caractère autodidacte du temps accompagnĂ© de l’Ă©prouvante solitude de la luciditĂ©…

Nous avons rĂ©alisĂ© ce CD Ă  partir d’enregistrements sur magnĂ©tophone, lesquels n’Ă©taient Ă  l’Ă©poque pour Jehan Jonas, qu’un aide-mĂ©moire, des tiroirs de rangement.

Vieilles bandes de travail patiemment traduites sur CD par Philippe Billault, dont ces 21 titres.

21 titres soigneusement revisitĂ©s techniquement par Jean-Philippe Hauray pour les restaurer et les dĂ©barrasser des scories de la technologie de l’Ă©poque.

21 titres servis et sertis dans la sensibilitĂ© pleine d’Ă©coute de Nicolas Bouchet, chargĂ© de la collaboration graphique du livret et du boitier.

Sans oublier Bruno et Jean-Luc de Copy Diffusion Service qui savent toujours répondre professionnellement et amicalement au long des années.


Dans le souci, toujours le mĂŞme, de donner l’opportunitĂ© de faire dĂ©couvrir cette oeuvre inclassable et plus que jamais d’actualitĂ©, nous offrons pour l’achat de ce nouveau CD  (13 euros, port compris) , un cadeau à choisir entre le CD1 , ou le CD2 ou le CD3  ou encore le Recueil (vol1) de 300 pages de chansons , monologues, dessins et photos de Jehan Jonas.

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couverture « Je chanterai longtemps comme on écrit un livre
Et revenant souvent sur les pas parcourus
Je me tendrai la main pour m’aider à me suivre
Egaré déjà vieux avant d’avoir vécu
Je suis ce que ne sont ni les fleurs ni les villes
Je suis franche catin, le trottoir vagabond
Qui ne voit pas plus haut que ses pavés dociles
Et lĂ  fais les cents pas Ă  user mes talons
Je suis l’esprit qui danse au fond des bals éteints
La valse qui s’endort doucement sur la piste
Tandis que traîne ici l’âme des musiciens
Je suis là suffocant dans une peau d’artiste… »
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TURE


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Retrouvez ci-dessous la  vidéo, cliquez sur celle-ci pour la lancer :

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sunDĂ©couvrez toute la diversitĂ© de l’Ĺ“uvre libertaire et poĂ©tique de Jehan Jonas

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sunJehan Jonas : Plus de 1000 titres caustiques, dĂ©capants, insolents, Ă  rire et Ă  pleurer…

Le talent de Jehan Jonas c’est aussi des sketches, des nouvelles, des pièces de théâtre et autres Ă©crits:

« d’un Poète Libertaire au sens rigoureux du terme »

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——————————————————————-Chansons d’Humour

————————————————————————————Chansons de RĂ©sistance

A  l’exception des caricatures de Barbe, David et Bob, tous les dessins sont de Jehan Jonas